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L’Internet et le journalisme Par François Demers Dans la deuxième moitié des années 1990, Internet s’affirme rapidement comme un nouveau support de l’information journalistique, à côté de la presse écrite et de la presse électronique, radio et télévision. À sa naissance, il a bénéficié de l’engouement pour les nouvelles technologies et de la flambée des capitaux spéculatifs sur les marchés boursiers, au point que certains sont allé jusqu’à prédire, avec crainte ou enthousiasme, qu’il allait remplacer ou se subordonner totalement les médias 'traditionnels' de l’information journalistique. Dans les salles de rédaction, l'Internet a été introduit comme une nouvelle possibilité de la numérisation des procédés de production. Depuis les années 1980, du moins au Québec, les journalistes travaillaient sur des ordinateurs, aussi bien pour produire les textes que pour les mettre en page. Dans les salles de presse de la radio et de la télévision, les appareils d’enregistrement et de montage ont graduellement été remplacés par des appareils numériques. Au début des années 1990, la plupart des contenus (écrits, audio et vidéo) étaient désormais numérisés, c’est-à-dire traduits en langage binaire d’ordinateur, en 0 et 1. Peu à peu, avec la mise en place de réseaux télématiques puis du Réseau des réseaux (Internet), les journalistes ont entrepris d’explorer les possibilités offertes par cette nouvelle communication à distance. La majorité ont commencé par le courriel ; un grand nombre ont appris à expédier leurs textes et images de l’extérieur vers la salle de rédaction ; audacieusement, quelques-uns (souvent les plus jeunes) se sont mis à naviguer à la recherche de sites dont ils pourraient extraire des données, des idées ou des angles nouveaux. L'Internet est devenu peu à peu un outil de recherche. En parallèle, des nouveaux entrepreneurs (souvent des jeunes) ont développé des sites (Webzines) qui offraient de l’information d’actualité en concurrence aux médias existant hors d'Internet et qui prétendaient le faire mieux et de manière innovatrice. De leur côté, les entreprises de presse 'traditionnelles', découvrant le danger qu'Internet gruge leur clientèle, se sont créé des sites où elles publiaient en ligne tout ou partie de leur édition traditionnelle, quelle que soit sa périodicité (quotidienne, hebdomadaire, mensuelle). Le plus souvent, elles se satisfaisaient d’y reproduire les contenus de la version papier. Parfois seulement, la présentation matérielle et la mise en page étaient légèrement modifiées pour répondre aux exigences de l’écran cathodique. Graduellement, les équipements s’améliorant, les journalistes, aussi bien les nouveaux que les anciens, ont découvert les ingrédients du journalisme en ligne et dessiné un « langage » pour le journalisme en ligne, fait:
Puis, à l’automne 2001, c’est l’effondrement des valeurs technologiques à la bourse. De nombreux sites expérimentaux ferment. Le développement du journalisme en ligne se fige. Les acteurs qui restent dans le jeu se replient sur les formules les plus éprouvées et les pratiques les moins hasardeuses. Depuis, l’expérimentation reprend tranquillement, prudemment, à la faveur de la croissance de l'usage et du perfectionnement des infrastructures (en 2005, pas moins de 22% des Canadiens étaient branchés « haute vitesse », le plus haut taux des pays industrialisés). La publicité s'installe peu à peu: environ 7% du budget publicitaire total au Canada en 2005, ou 562 millions de dollars, soit une augmentation de 54% sur l'année précédente. La publicité conventionnelle, dite « graphique », reçoit la plus grande partie des revenus ou 41% tandis que les moteurs de recherche (Google, Yahoo, etc.) en drainent 35% et les annonces classées 22%. Après le dégonflement, les médias 'traditionnels' deviennent les acteurs principaux sur l'Internet en matière d'information journalistique, comme ils le sont hors l'Internet. Leur rivaux, ce ne sont plus aujourd'hui les entrepreneurs individuels indépendants des débuts mais une nouvelle pratique qui a pris son envol au tournant du siècle et qui a été nommée le blogging. Des individus s'expriment sur un site personnel qu'ils mettent en réseau; le réseau forme un public; les membres du réseau se commentent les uns les autres constamment. La partie des blogues sur l'Internet qui est liée à l'information journalistique est devenue de plus en plus importante aux États-Unis, à l'occasion notamment de la Guerre en Irak et des controversées élections de Georges Bush à la Présidence. Le phénomène a même conduit certains observateurs à formuler la proposition voulant qu'on assiste là à l'invention d'un nouveau journalisme: le journalisme participatif ("participatory journalism"), aussi nommé journalisme de code libre ("open source journalism"), ou encore le journalisme citoyen ("citizen journalism"). L'expression "citizen journalism" a un sens différent de l'expression 'journalisme citoyen' qui s'est développée en France, notamment dans l'école de pensée du Monde diplomatique, où elle désigne le type de contenu sérieux, documenté et politique, que 'devraient' offrir les médias traditionnels. Devant cette menace venue d'amateurs en matière de journalisme, les médias professionnels du journalisme tâtonnent actuellement pour intégrer la formule du blogue dans les services qu'ils offrent. Ce cours/atelier entend parcourir les acquis les plus solides de la décennie 1995-2005 du journalisme dans l'Internet et entr’ouvrir les fenêtres de l’avenir en matière de journalisme en ligne. À cette fin, il offre à ceux qui ne sont pas déjà des internautes à l’aise, deux modules préalables :
Une fois cette initiation réussie, le cours propose un parcours en dix modules:
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